La Douceur de la vie – Paulus Hochgatterer – Quidam.

La Douceur de la vie de Paulus Hochgatterer est la nouvelle bombe venue d’Autriche proposée par les éditions Quidam en ce printemps qui tarde à venir. Et tant mieux, puisque ce roman est fait de neige, froide, et de personnages glaciers.

Sorte de polar « à la manière de » Un roi sans divertissement de Giono, le roman s’ouvre sur le crime, odieux, d’un vieil homme à qui son meurtrier a abîmé le visage tant qu’on pourrait croire qu’il lui a enlevé et la découverte de son corps par sa petite fille encore enfant. Ce qui va la plonger dans un profond mutisme et une obsession  à garder en son poing serré les dernières traces d’amusement qu’elle a partagé avec son grand-père.
L’enquête que propose l’auteur après cette scène d’exposition n’est pas des habituelles histoires de serial killer, avec progression, récolte des indices et interrogations des suspects. Plutôt roman noir que policier, La Douceur de la vie propose une narration à plusieurs voix, écharpée entre le flic local et le psychiatre de la ville qui suit la petite fille et son traumatisme, ne se contentant pas de ce sujet mais de tous ceux qui peuvent traverser une petite ville autrichienne pendant les fêtes de Noël et ses doses de tourments.
D’autres voix, plus troublantes, apparaissent en suspens au-dessus de cette histoire pour créer des respirations qui finiront pas être des plus angoissantes et dérangeantes, finalement.

Plus que polar, donc, La Douceur de la vie est avant tout un roman social où se mêlent les litanies angoissées d’une population repliée sur elle-même, un portrait amer d’une Autriche épuisée et paranoïaque qui n’en finit plus de s’éprouver puisque l’horizon est bouché.
L’habileté et l’intelligence de son auteur est d’avoir écrit un roman polyphonique, ultra contemporain et témoin de son époque, regardant sans complaisance l’interminable descente aux enfers d’une société consumériste abreuvée de culture pop dangereuse à qui voudrait l’interpréter. De quoi devenir à son tour interrogateur quant aux maladies d’une époque sombre mais qui voudrait, peut-être, retrouver le souffle au milieu du chaos.

Grand prix de littérature policière allemande en 2007.
Prix de Littérature de l’Union Européenne en 2009.
La Douceur de la vie. Paulus Hochgatterer. Quidam Éditeur.

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A propos Mademoiselle le 6

En manque de moi-même, j'attends qu'une ombre autre me définissent avec autant d'humour et de bienveillance que celui qui était l'auteur de la précédente description.
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