Coup de gueule?

S’il y a bien une période de l’année que je trouve assez angoissante, rebutante, gonflante (j’ai décidé de jouer à ce petit jeu de rimes en soldes tant que ça me fera rire), c’est bien celle qui est en train de se dérouler sous nos yeux ébahis de lecteurs avides: la rentrée littéraire. Vaste foire où l’on trouve tout, et rien, où dix auteurs trouvent ou retrouvent (de plus en plus) la gloire-séances photos-interviews-mon chéri t’es le plus beau et le plus intelligent (ça marche aussi au féminin, et pas qu’un peu). Les autres vont mourir dans les cartons de derrière le présentoir, radiés, congédiés, il ne leur reste plus que les mains pour tenter au tour prochain de faire mieux (l’éditeur n’est pas content, mais le console, que veux-tu, c’est le marché).

Alors, forcément, ça me déprime un peu la rentrée littéraire. Peut-être pour toutes ces raisons, ou peut-être pas. Peut-être que l’inondation du marché par la littérature me rappelle à ma condition d’écrivain non publié, ou peut-être à celle de l’étudiante qui se destine à vivre ces périodes avec des petites allumettes dans les yeux, café en perf et larmes nerveuses en permanence au coin de l’oeil. Peut-être que c’est parce que je suis une lectrice pédante et prétentieuse, qui préfère que les librairies et leurs libraires me refassent découvrir des fonds de tiroir, lire pourquoi pas les best sellers, les futurs Flore, Renaudot et Goucourt (non, faut pas déconner, le dernier que j’ai aimé remonte probablement à Romain Gary) mais dans quelques années, quand ils auront été, eux aussi, un peu oubliés.

Et crier, je l’avais su! (dans ce cas: que c’était mauvais.)

C’est donc pour cela qu’après m’être quand même fadé le distrayant mais un peu fade Philippe Jaenada (j’en reparlerai, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir), j’ai bien envie de conseiller la (re)lecture d’un Sade ou deux, en guise d’antibiotique à ce virus immuno-déprimant.

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A propos Mademoiselle le 6

En manque de moi-même, j'attends qu'une ombre autre me définissent avec autant d'humour et de bienveillance que celui qui était l'auteur de la précédente description.
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